Ambroise, sélectionné dans l'équipe de France, il prépare actuellement le championnat du monde de skate de descente de Barcelone.

J’ai pris l’initiative de faire de la médiation il y a 6 mois dans l’objectif d’être meilleur et d’apprécier un peu plus le sport que je pratique, le skate de descente (longboard), et depuis ça a changé ma façon de skater.  Je trouve que le longboard est un sport où le mental est très important, comme dans la plupart des sports d’ailleurs, car souvent lancé à plus de 80 km/h il faut savoir être à l’aise pour être performant et apprécier le moment. La méditation m’a aidé sur deux points, corporellement et mentalement, mais c’est les deux réunis qui m’ont vraiment fait voir la différence. Quand la tête et le corps travaillent ensemble en harmonie sans avoir le mental perturbé par une petite appréhension comme avant de faire un dérapage assez vite ou avant d’entrer dans un virage par exemple. Ça m’évite parfois quelques erreurs. Avec la méditation j’arrive plus facilement à avoir la tête reposée et à être concentré. Ainsi le corps suit, j’arrive à avoir le corps plus éveillé et moins tendu, ça m’aide à être beaucoup plus à l’aise et à ressentir un peu plus les sensations de mon skate et de mon environnement.

Le skate me permet de ressentir des moments où je suis à 100% dans le moment présent. C'est comme si je vivais entièrement par les sensations de mon corps et que mon esprit se mettait en pause au second plan. C’est ce que j’appelle l’état de « flow ». Une immersion complète dans l’activité, avec une sensation de contrôle et d’efficacité maximale, une impression de facilité et de grande confiance en soi. Le « flow » dont je parle est une chose qui m'a toujours beaucoup excité en « freeride ». C'est ce genre de moment où je ne pense pas, je fais juste partie des éléments, je sais exactement quoi faire et avec beaucoup d'énergie. Tout ceci avec une extrême douceur, sans y avoir réfléchi ou prévu. Les choses difficiles semblent alors faciles, c’est un paradoxe incroyable à vivre. C’est là où le plaisir du « ride » est maximal. Juste après on a l'impression d'avoir fait/vécu quelque chose d'unique. Ça me fait me sentir vivant. Chaque seconde est différente et demande de l'adaptation, mais pendant toutes ces secondes le corps, l'esprit, le skate, la route bougent en harmonie en ne faisant qu'un. L’insécurité et l'appréhension s'effacent un moment pour se laisser aller mais sans lâcher prise. La frontière est fine. Une sensation de voler au-dessus de la route, de jouer avec son corps tout en ressentant le vent et le paysage sans y porter une attention particulière. La méditation m’aide beaucoup pour rentrer dans cet état.